brises ses schémas

Elle s’appelle Clara. Elle a 33 ans, elle vit dans une ville du Sud-Ouest, elle élève sa fille seule la plupart du temps, et elle a une phrase qui revient sans arrêt dans sa bouche depuis des années : « De toute façon, ça ne dure jamais. »

Trois mois. Trois mois et demi maximum.

C’est le mur invisible contre lequel Clara se cogne à chaque nouvelle histoire.

Pas parce qu’elle tombe sur les mauvais hommes.

Pas parce qu’elle n’est pas assez bien.

Mais parce qu’à l’intérieur d’elle, quelque chose se déclenche systématiquement au moment où la relation commence à compter vraiment.

Et ce quelque chose, elle ne le contrôle pas.

Si tu te reconnais dans cette phrase, si toi aussi tu as cette sensation que l’amour t’échappe toujours au moment où il devrait s’installer, cet article est pour toi.

Le schéma répétitif amoureux que Clara n’arrivait plus à voir

boucle d amour repetitif
boucle d amour repetitif

Quand Clara m’a écrit pour la première fois, elle m’a décrit quelque chose que j’entends très souvent chez les femmes que je reçois depuis plus de douze ans : elle passe d’un extrême à l’autre.

Trop gentille, trop disponible, trop à l’écoute au début.

Puis, sans prévenir, trop sur la défensive, presque dure, comme si elle attaquait avant qu’on ne l’attaque.

Elle ne le vit pas comme un choix.

Elle le vit comme une bascule qu’elle ne maîtrise pas.

Un jour elle est celle qui donne tout, qui est là pour l’autre, qui écoute, qui pardonne, qui fait des efforts.

Et puis un déclic se produit, souvent minime, parfois juste un silence trop long ou une réponse trop froide,

  • et elle se referme d’un coup.
  • Elle devient méfiante.
  • Elle teste.
  • Elle attaque avant qu’on ne la blesse.

C’est exactement ce mécanisme qui empêche une relation de durer plus de quelques mois parce que l’homme en face, lui, ne comprend pas ce qui se passe.

Il a connu une femme attentionnée, présente, aimante.

Il se retrouve face à une femme qui se ferme, qui doute, qui teste sa loyauté sans le lui dire.

Il finit par partir, ou par se distancer et Clara se retrouve à nouveau seule, avec la confirmation, à ses yeux, que

« ça ne marche jamais avec elle ».

Sauf que ce n’est pas qu’avec elle que ça ne marche pas.

C’est ce mécanisme précis, ce va-et-vient entre fusion totale et défense totale, qui empêche n’importe quelle relation de tenir dans la durée. Et ce mécanisme, il a une origine.

Manque de confiance en soi et peur de l’abandon : une confiance à 3 sur 10

ecouter mes besoins
ecouter mes besoins

Quand je lui ai demandé, sur une échelle de 1 à 10, où elle en était avec elle-même, Clara a répondu 3. Pas 5. Pas 4. Trois.

Quand je lui ai demandé ce qui lui manquait le plus intérieurement, elle a été directe :

la confiance en elle pour avancer et se sentir bien.

Ce chiffre, je le rencontre très souvent chez les femmes qui viennent me voir et il n’est presque jamais lié à un manque de compétence, de beauté ou de valeur réelle.

Il est lié à une histoire, à des ruptures qui n’ont jamais été digérées, à des schémas appris très tôt et jamais questionnés.

Clara porte encore le poids d’une relation qui s’est terminée il y a quelques années.

Une relation qu’elle n’a jamais vraiment fait le deuil de vivre.

Elle me l’a dit avec ses mots à elle : ce qui la challenge le plus aujourd’hui, ce n’est pas seulement de faire de nouvelles rencontres, c’est de réussir à tourner définitivement la page de cette histoire-là.

Tant que cette page reste ouverte, quelque part, tout nouvel homme qui s’approche est comparé, jaugé, testé à l’aune d’une blessure qui n’a jamais cicatrisé.

C’est ça, la dépendance affective dans sa forme la plus silencieuse.

Ce n’est pas toujours courir après quelqu’un qui ne veut pas de nous.

C’est parfois rester accrochée, sans le savoir, à ce qu’on n’a pas pu finir de vivre et ça se traduit, très concrètement, par une incapacité à se sentir en sécurité dans le présent.

Hypnose, voyance, thérapie : pourquoi ça n’a pas suffi à sortir de la relation toxique

Ce qui m’a le plus marqué chez Clara, c’est qu’elle n’était pas passive face à sa situation.

  • Elle avait déjà essayé des choses.
  • Elle avait consulté un hypnothérapeute, mais elle avait arrêté les séances en cours de route.
  • Elle était même allée voir deux voyantes, qui, selon ses mots, lui avaient « fait ouvrir certaines choses, mais pas pour tout ».

Je m’arrête un instant là-dessus, parce que c’est important.

Ce n’est pas un manque de volonté qui bloque des femmes comme Clara.

C’est un manque d’outil qui va vraiment à la racine.

Beaucoup de démarches touchent la surface : elles apaisent un temps, elles ouvrent une prise de conscience, mais elles ne désamorcent pas le schéma lui-même, celui qui pousse à osciller entre don total et fermeture totale.

C’est exactement pour ça qu’il ne suffit pas de « comprendre pourquoi » on fonctionne ainsi.

Comprendre, Clara l’avait déjà fait, en partie.

Ce qui manquait, c’était de réapprendre, dans le corps et dans les relations concrètes, une autre façon d’être.

Une façon qui permette de rester ouverte sans se mettre en danger, et de se protéger sans se refermer.

Peur de l’engagement et désir d’amour : le paradoxe de la dépendance affective

Je pose souvent cette question aux femmes que je reçois : qu’est-ce que tu veux le plus, et qui en même temps te fait le plus peur ?

La réponse de Clara a été d’une simplicité désarmante : être heureuse, et être en couple.

Ce sont les deux choses qu’elle désire le plus au monde et ce sont aussi les deux choses qui l’effraient le plus parce qu’être en couple, pour elle, ça a longtemps voulu dire se perdre pour l’autre, être « trop » gentille, trop disponible, jusqu’à devenir cette femme

  • qui donne tout,
  • et qui finit blessée,
  • ou alors ça veut dire se protéger si fort qu’elle sabote la relation avant même qu’elle ait une chance de devenir belle.

C’est un paradoxe que je retrouve chez énormément de femmes indépendantes, capables, aimantes : vouloir l’amour de tout son cœur, et en même temps le fuir dès qu’il s’approche vraiment.

Ce n’est pas de l’incohérence.

C’est une protection. Une protection qui a été utile un jour, pour survivre à une blessure, et qui aujourd’hui empêche de vivre.

Se retrouver soi-même pour sortir du schéma amoureux répétitif

couple heureux

Il y a une question que je pose systématiquement, parce qu’elle révèle souvent l’essentiel en une phrase : aujourd’hui je suis une femme qui… Dans quelques mois je veux être une femme qui…

Clara m’a répondu ceci :

« Aujourd’hui je suis une femme perdue, qui ne sait pas trop ce qu’elle aimerait. Dans un mois, j’aimerais pouvoir me retrouver et savoir vraiment ce que je veux. »

Cette phrase, à elle seule, en dit plus long que n’importe quel bilan de compétences amoureuses.

Clara n’a pas besoin qu’on lui trouve un homme.

Elle a besoin de

  • se retrouver elle,
  • de savoir ce qu’elle veut,
  • ce qu’elle ne veut plus,
  • ce qu’elle mérite.

C’est exactement là que se joue toute la différence entre une femme qui attire encore les mêmes schémas, et une femme qui, en se retrouvant, arrête d’accepter ce qui ne lui correspond plus.

Elle a d’ailleurs été très honnête sur ce qu’elle apprécie chez elle :

  • être attentionnée,
  • à l’écoute,
  • toujours présente pour les autres.

Elle sait maintenant ce qu’elle veut travailler :

  • son impulsivité,
  • et ce manque de confiance qui la fait basculer sur la défensive à la moindre alerte.

Ce sont ses vraies forces et ses vraies fragilités, pas des défauts à corriger en bloc, mais des équilibres à retrouver.

Dépendance affective : pourquoi la volonté ne suffit pas pour changer

Je le dis souvent, et je le répète ici parce que c’est le cœur du sujet : le problème n’est jamais d’être « mieux » ou de faire plus d’efforts pour un homme.

Le problème, c’est que quoi que l’on fasse, tant que le mécanisme n’est pas désamorcé, ce n’est jamais suffisant.

On a appris à essayer de prendre l’amour, plutôt qu’à apprendre à le recevoir.

Je l’ai vécu moi-même, dans l’autre sens, avant de passer plus de douze ans à accompagner des femmes sur ce sujet précis.

J’ai vu ce schéma se répéter chez des dizaines et des dizaines d’entre elles :

  • la femme qui fait plaisir,
  • qui achète l’amour à coups d’efforts,
  • ou à l’inverse la femme forte,
  • celle qui a construit une armure si solide que plus rien ne peut l’atteindre,
  • y compris l’amour qu’elle attend depuis toujours.

Beaucoup de ces femmes s’imaginent que s’affirmer, c’est être agressive.

Alors quand elles s’affirment enfin, elles culpabilisent, et elles reviennent en arrière.

D’autres, comme Clara, oscillent entre les deux : la fusion et la défense.

  • Aucune des deux n’est stable.
  • Aucune des deux ne permet à une relation de s’installer dans la durée.

Comment sortir d’un schéma répétitif amoureux : ce qui doit changer

Sortir de ce schéma ne passe pas par plus de volonté, ni par plus d’analyse. Ça passe par un travail à la fois sur ce qui a créé cette peur de l’abandon et du rejet, et sur la façon dont on habite une relation au quotidien.

Concrètement, cela veut dire :

Retrouver une confiance en soi qui ne dépend plus du regard ou de la présence d’un homme.

Comprendre et guérir ce qui, dans l’histoire personnelle, a créé cette bascule entre don total et fermeture totale.

Faire enfin le deuil de ce qui n’a jamais été digéré, pour ne plus comparer chaque nouvelle rencontre à une blessure ancienne.

Apprendre à s’affirmer sans culpabiliser, et à se protéger sans se refermer.

Réapprendre à recevoir l’amour, plutôt que d’essayer sans cesse de le mériter ou de le prendre.

C’est exactement ce travail que je mène avec les femmes qui viennent me voir, en s’appuyant sur ce que j’ai pu observer sur des centaines de situations depuis plus de douze ans.

J’ai eu un parcours que j’ai eu l’occasion de présenter sur BFM TV, France 2, M6 et à la radio Mouv.

Ce n’est pas une méthode théorique.

C’est un chemin que j’ai fait moi-même avant de le transmettre.

Sortir de la dépendance affective et reprendre sa vie amoureuse en main

Clara ne savait pas encore, au moment où elle m’a écrit, ce qu’elle voulait vraiment pour les mois et les années à venir.

Elle me l’a dit sans détour : elle ne pouvait pas répondre à la question de sa vision idéale, ni à court ni à long terme.

Elle ne savait pas.

Et c’est très bien ainsi. On n’a pas besoin de savoir où on va pour commencer à avancer.

On a juste besoin de comprendre pourquoi on tourne en rond, et d’avoir, enfin, les bons outils pour arrêter.

Si toi aussi tu te reconnais dans

  • cette bascule entre don total et fermeture totale,
  • si tes relations n’ont jamais dépassé quelques mois,
  • si tu portes encore le poids d’une histoire jamais vraiment terminée,
  • ce que vit Clara te parle probablement plus que tu ne voudrais l’admettre.

Tu n’as pas besoin d’un homme de plus pour te sentir bien.

Tu as besoin de te retrouver toi, de comprendre ce qui se joue vraiment dans ce schéma répétitif, et d’apprendre enfin à recevoir l’amour au lieu d’avoir à le mériter.

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